MENHIR DE LA ROCHE PIQUEE

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LE NEOLITHIQUE A LA GACILLY.

    

Menhir de la Roche Piquée

 
a -Emplacement.

            L’extrémité de l’anticlinal Forêt Neuve/Graslia forme un promontoire dont l’importance n’avait pas échappé aux premiers habitants de La Gacilly. Il n’est donc pas étonnant de trouver, le long du seul chemin qui sortait vers l’Ouest, deux menhirs : l’un est encore dressé, l’autre étant renversé.

b - Description.

             La pierre dressée, en forme de pyramide, s’élève, au-dessus du sol, à 5,7m côté Nord et à 5,2m côté Sud (16 pieds). Elle paraît cacher au moins un tiers de sa hauteur dans le sol, ce qui lui fait une longueur totale de 8,55m. Sa largeur , sur la face aplatie tournée au levant ,est de 4m à la base (12 pieds); elle diminue progressivement jusqu’au sommet où elle se réduit à 0,65m (2 pieds) environ. Sa circonférence est de 8,6m à la base (26/27 pieds), c’est à dire que les dimensions de sa longueur et de sa circonférence sont pratiquement identiques. La pierre couchée a 5,2m de longueur (16 pieds) mais n’a que 3,6m (5 pieds et demi) de largeur. Entre la pierre dressée et la pierre couchée, il a été trouvé une troisième pierre dont les dimensions laissent à penser qu’elle pouvait chapeauter les deux menhirs lorsqu’ils étaient debout et former ainsi un dolmen trilithe ou lichaven ; les Celtes avaient coutume de faire passer le bétail sous ces monuments pour les préserver des sortilèges et des accidents.

c - Constitution.

             Les constructeurs n’ont pas été bien loin pour trouver le matériau nécessaire à la construction de ce monument qui est en fait du grès poudingue que l’on retrouve sur les hauteurs de la Grée Saint-Jean, de Graslia et du Châtelier.

d - Menhirs Voisins.

            Le menhir le plus proche de la Roche Piquée est celui de Trégaret sur le fossé gauche de la route de Sixt-sur-Aff d’une hauteur de 3m.

            Sur la commune de Carentoir, au village du Gage, des menhirs formés de blocs de quartz sont disposés en pattes d’oie sur quatre rangées. Un autre menhir existe sur la même commune, près du camp romain du Mur en Carentoir. Il y en a un à Ruffiac et un autre à Cournon.

Il y a aussi les menhirs très connus de la Lande de Cojoux en Saint-Just, les uns de quartz et les autres de schiste.

Enfin il faut citer également les alignements de Monteneuf avec 420 menhirs sur un terrain de sept hectares.

e - Histoire.

Lors de la construction de l’église actuelle, des ouvriers sculpteurs avaient placé au sommet de la Roche Piquée une tête barbue sculptée en tuf. Pourquoi cette initiative ? Qu’elle était l’intention de cette plaisanterie de mauvais goût ?

f - Légende

Dans le pays, le menhir de la Roche Piquée est considéré comme un grain de sable sorti des souliers de Gargantua. Reconnu pour être un infatigable voyageur, il était souvent gêné par des graviers entrés dans ses chaussures et, ces graviers, lorsqu’il secouait ses chaussures, tombaient et se piquaient en terre. Il s’en servait aussi pour se défendre contre les chiens qui l’attaquaient. C’est ainsi que naquirent les menhirs de Baillé et de Mézières sur Couesnon, en Ille-et-Vilaine.

Voici l’une des très nombreuses légendes de la Roche Piquée :

Un jour, il y a très longtemps, le géant Gargantua arpentait le pays gallo, vous vous souvenez qu’il était particulièrement friand de saucisses, d’andouilles fumées, de bons gros choux, il mangeait comme un ogre ce géant-là ! le tout arrosé de copieuses rasades de cidre bues à la bolée dans le sellier derrière la barrique. Il allait donc de ferme en ferme, de village en hameau, chaussé de sabots à la mode du pays. Tout géant qu’il était, il se fatiguait. Il faisait chaud, les bolées avaient été très nombreuses, il butait de plus en plus fréquemment sur les pierres des chemins et il commençait à avoir mal aux pieds. Allons, il était temps de se reposer. Justement, il passait près d’un petit bois, l’ombre des chênes et des châtaigniers serait bienfaisante et il pourrait y faire un fameux somme. Il en sourit d’aise, pénétra aussitôt dans le bois, s’installa commodément sur la mousse. « D’abord, quitter ces sabots qui me font boiter » se dit-il. Il quitte le premier sabot, le retourne ; il en tombe un caillou qui se fiche profondément dans le sol. Il quitte ensuite le second sabot, le retourne : il en tombe également un caillou qui se fiche à son tour dans le sol à côté du premier, mais bien moins profondément. Quelques instants plus tard, ses ronflements sonores s’entendent à des lieues à la ronde. Quand il s’éveille, il chausse à nouveau ses sabots, tout éberlué de voir que les cailloux étaient toujours là plantés dans le sol, et s’en retourne chez lui, Dieu sait où. Ces deux cailloux sont demeurés dans le petit bois. Le premier est toujours dressé, c’est la Roche-Piquée, le second a fini par choir sur le sol mais les anciens l’ont connu debout lui aussi et il y avait, voici plusieurs décennies, deux roches piquées : les cailloux des sabots de Gargantua