LES MOULINS A LA GACILLY ACCUEIL

ORIGINE des MOULINS

 

Du temps de Moïse, on employait déjà deux petites meules cylindriques de pierre dure pour broyer le grain des céréales, ces meules étaient actionnées par des esclaves ou des femmes. Puis, par la suite, on trouva le système d’attelage des ânes ou des mulets ou des chevaux pour faire tourner ces meules. Les moulins à eau, après avoir pris naissance en Asie Mineure (Turquie, Syrie, Palestine, Liban) deviennent communs en Italie à partir du V° siècle. Les moulins à vent sont nés également en Asie Mineure puis transitèrent par la Russie et la Hongrie où ils arrivèrent au VIII° siècle. Ils se répandirent ensuite en France ; certains avancent que ce sont les chevaliers, en prenant part aux Croisades ( 1° en 1096 et 8° en 1270), qui rapportèrent de Palestine le système de fonctionnement des moulins. Aussitôt revenus chez eux, ils se lancèrent dans la construction de ces moulins. Les Montfort/Montauban, futurs seigneurs de La Gacilly, prirent part aux Croisades ; ils furent peut-être à l’origine de l’installation des moulins autour de La Gacilly.

DIFFÉRENTS MOULINS

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Moulin à Vent

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Moulin à Eau : distinctions à faire dans cette catégorie :

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Moulin à grains ou à farine :

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Moulin à foulon 

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Moulin à tan 

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Chamoisage : c’est une opération de finition pour assouplir et affiner les peaux tannées.

( peau de chamois autrefois)

DICTIONNAIRE – Différents systèmes de fonctionnement

Bief : canal qui conduit les eaux pour les faire tomber sur le haut de la roue verticale d’un moulin ; l’eau arrive par une petite canalisation en bois de 50cm de large sur 30 de haut qu’on appelle le neau ; elle tombe sur le dessus de la roue dans des godets en bois plein dénommés seilles le plus souvent faits en chêne. La force motrice est transmise par un système de roues dentées d’abord en bois puis en fonte qui, grâce à un renvoi d’angle et à un axe vertical actionnent la meule. L’une de ces roues de transmission, le hérisson ou commandeur, possède des dents en bois de frêne, de pommier ou de cormier. Les dents sont à changer régulièrement ce qui est le travail de l’amoulageur, le spécialiste des mécanismes des moulins (JAG p.53)

Amoulageur : c’est un charpentier spécialisé dans la réparation des moulins principalement

dans la réparation ou le changement des dents en bois des roues d’engrenage qui s’usaient très vite.

Joseph Sorel de la rue St-Vincent était amoulageur vers 1750.

Coursier : canal qui conduit l’eau sous les aubes d’une roue de moulin ; ces aubes pouvaientêtre fixées au milieu ou au bas de la roue verticale du moulin.

Étier : canal qui sert à conduire l’eau de mer

Foulon : système qui avait pour but d’assouplir, de feutrer les toiles et les draps.

Le foulonnier plongeait d’abord l’étoffe dans l’eau froide de la rivière puis la jetait dans une cuve d’eau chaude où elle était malaxée par deux gros et lourds pilons munis chacun de trois dents. Ces pilons ou maillets étaient soulevés lentement et successivement par les pales d’un arbre de couche mu par la roue d’un moulin.Ensuite, il dégressait le drap avec de l’argile appelée «  terre à foulon », le redressait sur les bords et, une fois séché, le lustrait à la carde.

Tan : : la roue du moulin actionne des pilons verticaux équipés de lames à trancher les écorces principalement de chêne afin d’obtenir une poudre, le tan, utilisée ensuite au tannage des peaux.

Héri : Le sol de terre battue qui sert de cour au moulin porte le nom de héri. » En 1679, maître Julien Le Roy, chirurgien de la ville de La Gacilly, se noya proche le héri »

A CHÂTELLENIE. ( vers 1401)

Cinq moulins à eau :

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Le Bout-du-Pont, moulin à blé

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Le Bout-du-Pont, moulin à foulon

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Le moulin de la Bouère

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Le moulin de Duré près du village de la Boussardaie sur la Chapelle-Gaceline

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La moitié du moulin de Mauquepaye sur le Rahun ; l’autre moitié appartenant au

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Sieur du Bois-By près de la Danais ; ce moulin disparut avant 1465.

On pense qu’il était situé non loin du moulin de la Roche ( ou du Perchot)

Quatre moulins à vent :

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Le moulin de l’Épine à la Chapelle-Gaceline, juste derrière le calvaire

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Le moulin de Mauvoisin près du Tertre aux Ricaud, ancien nom du Tertre de Haut en Carentoir

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Le moulin de Ballengeard en Ruffiac

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Le moulin de la Vieille-Forêt en St-Martin-sur-Oust

Dans le minu de 1401 relatant les revenus et charges de la seigneurie de La Gacilly, il est écrit : «  Sur ce est deu par chacun an au prioul de l’ospital de La Gazcilli par fondaesson ancienne, 9 livres et 23 mines de seigle de rente ». Et en 1465, «  sur les moulins à blé, à draps et pescheries de La Gacilly, les moulins de la Bouère, de Duré et le moulin à vent de Mauvoisin sur lesquels on lève 9 mines de seigle pour l’aumônerie de Sainct-Jean et Sainct-Antoine de La Gacilly » ( seul document à parler de ce saint)

Dans un aveu de 1639, trois fours à ban et trois moulins à grain sont encore rattachés à la châtellenie de La Gacilly. Cette même année, le poteau de la quintaine était placé au milieu de la rivière tout près du moulin à blé.

 

MOULINS GACILIENS

Moulins à Eau :

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Le Bout-du-Pont à farine

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Le Bout-du-Pont à foulon

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La Chamoiserie : on en reparlera tout à l’heure

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La Bouère : on en reparlera tout à l’heure

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Galny

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Le Moulin-Gestin

Moulins à Vent :

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La Croix des Archers

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Le Pavillon

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Bréhaut

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Marette

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Sorel près du Tay

Sur la carte de Cassini, un moulin figure sur la grée Teignoux à la Glouzie.

Quelques mots sur le moulin de Graslia : Pavillon ou route de la Forêt-Neuve

Le Moulin du Bout-du-Pont et La MINOTERIE

 

OLIVIER de MONTAUBAN

 

Après le décès de son épouse vers 1299, Olivier de Montauban épousa secrètement sa grand’tante Julienne de Tournemine vers 1301. Peu à peu cette union devint plus ou moins publique et Olivier de Montauban songea à la régulariser. Pour ce faire, il devait obtenir du pape la levée de l’empêchement de consanguinité. Afin de s’attirer les bonnes grâces de Jean XXII, le pape de l’époque qui résidait alors à Avignon, il commença par lui demander la permission de construire au Bout-du-Pont un pont, un hôpital et une chapelle en 1317. Dans cette demande il est écrit que ces constructions se feront «  près des moulins Saint-Jean » .

C’est la preuve que des moulins existait déjà à cet endroit et, de plus, on ne parle pas du moulin mais des moulins ce qui signifie qu’au tout début du XIV° siécle, au moins deux moulins étaient déjà en place.

Quelques années plus tard, en 1465, dans le minu que Françoise d’Amboise présente après le décès de sa mère, Marie de Rieux, il est précisé «  que le moulin à blé étant près l’hôpital et aulmônerie sur la rivière d’Aff à deus vols de chappons du chasteau » et, un peu plus loin, il est question «  d’un moulin à fouller draps ou moulin à foulon avec son logis situé sur la dite rivière d’Aff avec ses distroitz » au-dessous de celui à blé « au bout de la dite chaussée du côté devers le bieff dudit lieu de La Gacilly ».

 

LES MEUNIERS GACILIENS

1401 : Perrot de Guygnen tenait les moulins de La Gacilly, de la Bouère, de Duré, de Mauvoisin et payait pour la ferme ( location) 65 mines de seigle et 5 de froment ( mesure de Karantoir), chaque mine de seigle valant 10 sous et chaque mine de froment 20 sous (JCM p. 165)

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1672 : Jean Lesné

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1670 : un Thomas tient le moulin à foulon ; les frères Guy et Jean Thomas en 1694 ;

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1698 : Pierre Mabon de la Bouère  ainsi que la Veuve de Jean Moulin, un nom prédestiné, de la rue du Pont.

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1700 : Pierre Gautier

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8 avril 1798 ( 18 germinal an VI): sur le passeport révolutionnaire n° 458, on trouve

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un Pierre Dréano meunier au moulin du pont de La Gacilly( JAG p. 62)

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Juin 1856 : le bâtiment de l’OT actuel appartient à Poligné ainsi que la Chamoiserie appelée le moulin à Poligné : ce qui laisse entendre que la Chamoiserie a été transformée en moulin à farine après sa faillite. ou bien qu’il y avait déjà la chamoiserie et un moulin à farine

30 septembre 1856 : un arrêté préfectoral annonce que Louis Poligné est autorisé à maintenir en activité les usines destinées à la mouture des céréales qu’il possède sur les deux rives de l’Aff aux deux extrémités du pont de La Gacilly, sur la commune de La Gacilly, à développer les édifices du moulin situé sur la rive gauche de la rivière, à porter à un mètre la largeur du coursier de l’usine située sur la rive droite.

C’est sans doute sitôt après cet arrêté que Louis Poligné construira la minoterie que nous connaissons.

L’abbé Chérel écrit que «  l’Aff faisait tourner le moulin de La Gacilly et le moulin à foulon au-dessous de ce dernier ». Par « au-dessous », faut-il entendre qu’il se trouvait à quelques mètres en aval du premier ou bien, l’un était au rez-de-chaussée et l’autre à l’étage donc dans le même immeuble. Cette dernière hypothèse est fort probable si l’on observe le cadastre de 1824 où il n’apparaît qu’une seule bâtisse et aussi la litho de Lorette. De plus, sur le cadastre de 1824, on voit très bien qu’il y a deux coursiers d’arrivée d’eau à cette bâtisse..

1878 : la maison Poligné ( OT actuel) devient l’Hôtel Bourrée, le gendre de Louis Poligné mais la Chamoiserie est devenue un bâtiment à exproprier.

VENTE DE LA MINOTERIE.

( article paru dans l’Avenir du Morbihan du 2 août 1884)

Études de Me Éoche-Duval avoué-licencié et de Me Fischer notaire à Redon.

Vente publique aux enchères d’immeubles provenant de la communauté

POLIGNÉ-VILLERIO

Le dimanche 17 août prochain une heure après midi au lieu dit le Bout-du-Pont de La Gacilly en la commune de Sixt par Me Fischer notaire à Redon, il sera procédé à la vente publique aux enchères de Commune de La Gacilly

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1° lot : la minoterie, la maison d’habitation, l’écurie aux vaches, une petite écurie, un appenti avec chaudière, l’écurie aux chevaux, le refuge à porcs, le petit pré Selot ; le jardin avec le ….et le hangar joignant au couchant la minoterie, au nord la rivière, au midi la route de Sixt d’une contenance d’environ 60 ares et la vieille maison servant de décharge sise au midi de la maison d’habitation, la cour servant la maison d’habitation et la minoterie d’une contenance d’environ 18 ares

Commune de Sixt :

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2° lot : maison au midi de la cour de la minoterie ci-dessus sise sur le bord de la route de Sixt côté nord avec 4m dans la vieille maison ci-dessus… au midi de la route avec sa cour devant et 10m à prendre au midi

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3° lot : le clos Séro 1ha30a ; au nord, la route ; au couchant, le chemin ; du midi, le chemin ; du levant, le sieur Denis.

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4° lot : le pré Macouille

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5° lot : le grand pré de la Bouère

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6° lot : Commune de Cournon : la butte St-Jean

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7° lot  : parcelles ensemencées de sapin

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8 ° lot : 2 bois taillis

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9° lot : Commune de La Gacilly : la maison de la Chamoiserie joignant du levant et du nord, la rue ; du couchant, la route ; du midi, la rivière et le sieur Bourrée

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10° lot : le moulin de Gralia

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11° lot : une parcelle de terre sur les landes de St-Jugon

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12° lot : une parcelle en pré dans l’étang de la Bouère

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13° lot : Commune de Glénac : une parcelle en pré à Pré-Naval .

En vertu d’un jugement contradictoirement rendu par le tribunal civil de l’arrondissement de Redon le 21 juin 1884 entre :

1 François Poligné, minotier, fils de Louis ; 2 Melle Marie ; 3 Melle Marie-Louise Poligné sans profession demeurant à La Gacilly demandeurs ayant pour avoué Me Éoche-Duval et François Razé meunier demeurant au moulin de Cavalon en la commune de la Chapelle-Gaceline agissant en qualité de subrogé-tuteur de :1 Jean-Baptiste ; 2 Louis ; 3 Jeane ; 4 François ; 5 Vincente Poligné, enfants mineurs issus du mariage de François Poligné et de feue dame Jeanne-Marie Poligné défendeurs ayant pour avoué Me Vuatiné.

En présence de Jean-Baptiste Legault propriétaire à Sixt subrogé-tuteur ad-hoc des mineurs sus-dénommés. Pour tous renseignements s’adresser à Me Fischer, commis pour la vente, dépositaire du cahier des charges et à Me Éoche-Duval avoué à Redon.

Redon le 15 juillet 1884. L’avoué du demandeur E. Éoche-Duval

Enregistré à Redon le 17 juillet 1884 folio ;;;; Reçu 1,88fr, décimes compris - Fouché

A cette date, il est fort probable que ce fut le sieur Pierre-Marie Denis qui devint le propriétaire de la minoterie  et de la chamoiserie.

Ne voulant pas être sous la domination prussienne, il quitte son Alsace natale et arrive à La Gacilly après la guerre de 1870. M. Pierre-Marie Denis dit le « Boër », sobriquet qui lui fut donné parce qu’il participa à la guerre du même nom en Afrique du Sud ( 1899-1902)

C’est M. Alexandre Denis qui fit construire la belle maison faisant face à celle du graveur de verre actuel, maison qui fut appelée pendant longtemps le «  Petit Château ».

M. Pierre-Marie Denis restera propriétaire de la minoterie jusqu’en 1911 ; c’est alors que M. Chaumeil, ingénieur meunier, devient le minotier.

M. Chaumeil fera remplacer les meules à moudre par un moulin à cylindre plus moderne. M. Chaumeil sera suivi par M. Delarue qui fera rénové le moulin à cylindres en 1929 par l’entreprise Teisset-Rose-Brault de Paris représentée par par la maison Jamet de Rennes. Ensuite, c’est M. Guénégo qui sera propriétaire de la minoterie et enfin M. Louis Lemonnier. Ce dernier achète la minoterie à Jean Guénégo le 1° février 1941. Il a alors comme chauffeur de camion Paul Bothamy qui sera suivi par Joseph Royer puis André Tardif, Eugène Foutel étant ouvrier. A ses débuts, Louis Lemonnier achète les grains directement aux cultivateurs mais, par la suite, il passera par des grossistes comme Melle Homet de la rue La Bourdonnaye. Après beaucoup d’améliorations dans la minoterie, Louis Lemonnier cessera son activité en 1967 et décèdera l’année suivante.

Aucun de ses enfants ne reprendra l’affaire malgré une tentative de son fils Gérard.

 

MOULINS A EAU

ROUE HORIZONTALE

La majorité des moulins à eau possèdent une roue verticale à godets ; mais il existait certains moulins avec une roue horizontale ; il y en avait cinq dans le Morbihan dont le moulin de La Gacilly.

ROUE HORIZONTALE - APPLICATION A LA LAUREDE

A - Prise d'eau :

La prise d'eau se fait grâce à un barrage réalisé à l'ancienne avec des troncs de châtaigniers et des pierres. La réglementation actuelle a imposé une passe à poissons avec débit réservé.

Un vannage simple permet d'ouvrir et de fermer l'eau au début du canal d'amenée d'eau. Celui-ci est constitué d'un ensemble de pièces réalisées en bois de châtaigniers ; chacune a deux mètres de long et pèse environ 120 kg. Ces pièces sont appelées ici des « canalets ».

Le canal d'amenée rapproche l'eau du moulin jusqu'à un double vannage couvert de planches pour permettre un passage aisé du meunier et des visiteurs.

A la sortie de ce double vannage se trouve la vanne d'ouverture - fermeture - réglage du débit d'eau qui est actionnée par le meunier de l'intérieur du moulin via une chaîne et un palonnier. C'est ensuite un canalet de descente en bois de mélèze qui conduit l'eau jusqu'au canon, d'où elle gicle sur une roue d'entraînement horizontale, appelée aussi rouet.

Le rouet est formé d'un ensemble de cuillères en bois réalisées en bois de châtaignier, il est cerclé de fer.

Il est à noter que les moulins à eau à roue horizontale sont les plus simples, parce qu'ils ne nécessitent pas d'engrenage pour transmettre le mouvement rotatif jusqu'à la meule supérieure.

B - Le mouvement rotatif horizontal du rouet est transmis par l'arbre de meule :

L'arbre de meule est également réalisé en bois de châtaigniers. Il traverse la voûte de la « chambre du rouet », ainsi que la meule inférieure. Celle-ci est immobile et parfois appelée « meule dormante ». Le mouvement arrive ensuite, via deux pièces en fer emmanchées : le fer de meule est vertical et prolonge l'arbre, et l'anile horizontale est ajustée dans la meule supérieure. Par conséquent, la meule supérieure tourne en même temps que le rouet.

Il y a des régions granitiques, comme dans les Hautes Pyrénées par exemple, où les meules sont en granité. A la Laurède elles sont en silex « reconstitué », c'est-à-dire formées de plusieurs morceaux de silex, cerclés de fer et « jointaillées ». Parfois plus grandes, parfois plus petites, elles ont un diamètre de 1,40 mètres.

C - Le grain devient mouture :

Les grains sont versés dans la partie supérieure du mécanisme : la trémie, qui est une sorte de gros entonnoir. Ils descendent ensuite dans l'auget, solidaire du « chevalet ». Celui-ci est heurté régulièrement par les cannelures du babillard, ce qui fait tomber les grains et les amène entre les deux meules. C'est la régularité de ces heurts réguliers entre babillard et chevalet qui constitue la douce musique, ou le tic-tac des moulins à eau et des moulins à vent.

Les grains cheminent ensuite de l'intérieur vers l'extérieur entre les deux meules, la dormante en bas, et la courante, ou tournante, au-dessus d'elle. Les grains sont ainsi progressivement concassés, puis broyés en « mouture », formée de petits bouts de l'enveloppe du grain (le son) et en fine poussière issue de la pulpe du grain, la farine.

D - La mouture devient farine

C'est l'opération de tamisage, soit avec un tamis classique, soit avec un meuble à bluter (ou à tamiser...). Ce dernier se trouvait parfois aussi « à la maison » et pouvait lui-même être appelé « moulin »...

 

Frontière Morbihan-Ille-et-Vilaine

Comme on pourrait le penser, ce n’est pas la rivière qui sert de séparation entre les deux départements et entre les deux communes mais l’ancien bief que l’on voit très bien sur le cadastre de 1824 et dont il reste le creux après la maison du graveur de verre

D’ailleurs, l’arrêté préfectoral de 1856 ( travaux aux entreprises Poligné) précise bien que le moulin de la rive gauche se trouve sur la commune de La Gacilly. Dans l’acte de vente de la minoterie, il est bien fait la distinction entre les deux communes voire les trois : La Gacilly, Sixt-sur-Aff et Cournon.

 

Réclamations

9 juin 1928 : le maire de La Gacilly fait connaître au préfet que M. Bourrée est propriétaire à La Gacilly d’une pairie située sur la rive droite de la rivière immédiatement à l’amont de la chaussée-déversoir de la minoterie. Cette prairie est inondée lors des crues du fait de M. Chaumeil propriétaire de la minoterie, lequel ne lève pas assez ses vannes ; il attend qu’on lui en fasse l’observation et alors il s’exécute. Le garde-champêtre de La Gacilly a constaté l’inondation de la prairie de M. Bourrée à plusieurs reprises, les vannes du vannage de M. Chaumeil restant fermées et que d’autres terrains se trouvent également submergés. De ces constatations, il résulte que M. Chaumeil ne se conforme pas à l’arrêté préfectoral du 31 octobre 1900 règlementant son usine avec pose d’un repère de niveau qui devient le niveau légal. Cette négligence ne constitue pas une contravention dont la répréssion soit du ressort de l’Administration. Il appartient à M . Bourrée de demander à M. Chaumeil réparation des dommages que pourrait lui causer une surélévation du plan d’eau résultant de la dite négligence en introduisant une instance devant les tribunaux ordinaires à défaut d’accord amiable entre eux ».

19 janvier 1932 : nouvelle réclamation de la part de 42 riverains morbihannais de la rivière de l’Aff qui signalent que «  depuis deux ans, par le fait du mauvais vouloir de l’usinier concessionnaire de la chute d’eau, à lever les vannes en temps opportun et à les maintenir pendant le temps nécessaire à l’écoulement des eaux, les prairies et terrains sont submergés pendant la plus grande partie de l’hiver »

2 avril 1940 : nouvelle réclamation de M. Bourrée auprès de Mme Guénégo, propriétaire de la minoterie. L’ingénieur en chef du Morbihan a rappelé à cette drenière qu’elle doit respecter les dispositions prévues notamment le niveau légal des eaux. Elle a été invitée à permettre l’accès du répère aux riverains intéressés.

CHAMOISERIE

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En 1770, vivait dans une bâtisse, au bas de la rue de la Louiserie, sur la gauche, près du pont, une dame nommée Mathurine Chamois ( ou Chanois ???) Elle était l’épouse de noble homme Joseph Clavier chirurgien à La Gacilly. Une de leurs filles, Louise-Jeanne épousa maître Jean Seguin dont la mère était Jeanne Grinsart ( LEC p. 211 en renvoi). La propriétaire s’appelant Chamois, est-ce la raison pour laquelle la bâtisse prit le nom de Chamoiserie ? Ou, à l’inverse, la chamoiserie existait-elle déjà et, habitant une chamoiserie, la propriétaire prit le surnom de Chamois ? Dernière hypothèse : s’agit-il d’une coincidence ?

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En 1772, une société d’actionnaires sous la direction de M. Duffilol de Lorient et M. Viviers de La Gacilly construit un bâtiment près du pâtis Ste-Julitte à l’extrémité de la rue de la Louiserie. Ce bâtiment prend le nom de Chamoiserie car des peaux tannées y sont préparées. Cette fabrique qui emploie d’abord un grand nombre d’ouvriers ne peut se soutenir et succombe par une faillite. ( EDV p. )

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25 novembre 1790 : mariage de Vincent Thomas chamoiseur avec Jeanne Mabon de Carentoir

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8 juin 1795 : Viviers sera fait prisonnier par les Chouans qui le relâcheront quelques heures plus tard.

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1824 : sur le cadastre, il y a une bâtisse appelée le moulin à eau de la chamoiserie ( n° 1531) et une autre appelée la chamoiserie ( n° 1532), les deux appartenant à Pierre Soulaine marchand de draps à La Gacilly

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Juin 1856 : le bâtiment de l’OT actuel appartient à Poligné ainsi que la Chamoiserie appelée le moulin à Poligné. Georges Poligné, fils de Pierre et de Françoise Éon était marié avec Thérèse Clavier, la fille de Joseph Clavier et de Charlotte- Mathurine Chamois et donc la sœur de Louise-Jeanne devenue Mme Seguin.

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30 septembre 1856 : un arrêté préfectoral annonce que Louis Poligné est autorisé à maintenir en activité les usines destinées à la mouture des céréales qu’il possède sur les deux rives de l’Aff aux deux extrémités du pont, à développer les édifices du moulin situé sur la rive gauche de la rivière, à porter à un mètre de largeur du coursier de l’usine située sur la rive droite.

C’est sans doute sitôt après cet arrêté que Louis Poligné fera construire la minoterie que nous connaissons.

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1861 : Marie-Flavie Treven naîtra dans la Chamoiserie en 1861 et son mari, un Després, y entreposera des fagots. Ils seront les parents de Marie Després, la conteuse des histoires du Bout-du-Pont. ( JAG p. 62))

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1903 : Madame Bouché, propriétaire d’une des maisons appelées la Chamoiserie étant décédée, ses héritiers seraient disposés à vendre. Le maire demande au conseil s’il est toujours disposé à acquérir, pour la faire disparaître, cette maison et celle appartenant à M. Denis, maisons presque en ruine et qui, en raison de leur emplacement constituent un danger sérieux pour la circulation des voitures et piétons sur cette route de Redon si fréquentée. Le conseil à l’unanimité est d’avis qu’il faut en finir avec cette question qui est pendante depuis près de 30 années ; que par suite du décès de Mme Bouché, le moment est venu de négocier ces acquisitions, à l’amiable si possible, avec M. Denis et les héritiers de la Vve Bouché.

Le conseil donne pleins pouvoirs à M. le maire pour que la route soit élargie et rectifiée à partir de la sortie du pont jusqu’à la gendarmerie et exactement au point dit la Chamoiserie. Il l’autorise à faire des offres qui ne pourront pas dépasser 1.500fr pour M. Denis et 2.500fr pour les héritiers de la Vve Bouché et à faire le nécessaire pour la disparition de ces deux maisons ( CM du 22 février 1903)

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Le 22 avril 1903, le Conseil Général du Morbihan adopte un projet de règlement partiel des alignements du chemin de grande communication n° 9 dans la traversée de La Gacilly à l’endroit dit la Chamoiserie et déclare d’utilité publique en ce qui concerne les terrains non-bâtis. Il conforme les pouvoirs donnés au maire pour poursuivre les négociations à l’amiable ou faire le nécessaire pour l’expropriation pour cause d’utilité publique de l’immeuble de M. Pierre-Marie Denis ( CM du 9 juin 1903)

Le maire rend compte au conseil de ses négociations avec M. Denis au sujet de l’immeuble de la Chamoiserie, négociations complètement échouées en raison des prétentions élevées de ce monsieur qui demande 5.000fr de sa maison. Ce prix étant « dérisoire » ( beaucoup trop élevé) et inacceptable, j’ai cru devoir rompre les négociations et maintenir l’offre de 1.500fr. Ayant maintenant la conviction qu’il n’y a d’arrangement possible, je demande au conseil s’il est toujours dans l’intention de donner suite à cette affaire en demandant l’expropriation de cette masure pour cause d’utilité publique. L’offre de 1.500fr étant supérieure à la valeur de cet immeuble, devra être réduite à 1.000fr, prix plus que raisonnable. Le maire reçoit les pleins pouvoirs pour remplir les formalités nécessaires pour obtenir la déclaration d’expropriation pour cause d’utilité publique. (CM du 20 juin 1903)

Le maire annonce au conseil que, comme suite à la délibération n° 216 du 20 juin dernier relative à l’expropriation de la maison de la Chamoiserie qu’il a fait dresser toutes les pièces et plans nécessaires à appuyer cette demande ainsi qu’un devis des dépenses d’acquisition de cet immeuble et de celles de la place à créer. Suit le détail des sommes prévues dont 1.000fr pour la maison et 100fr pour la démolition. Le conseil autorise le maire à contracter un emprunt de 2.300fr amortissable en 20 ans et de voter une imposition extraordinaire pour pouvoir rembourser cet emprunt. M. Gustave Templé, négociant à La Gacilly, est désigné comme commissaire-enquêteur pour les formalités de l’expropriation. ( CM du 5 juiller 1903)

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Le 15 novembre 1903, le conseil décide la formation d’un jury d’expropriation chargé de juger cette affaire et le 24 janvier 1904, le maire est invité à contracter l’emprunt de 2.300fr.

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Le 24 avril 1904, le conseil autorise le receveur municipal à payer à M. Pierre-Marie Denis ou à ses ayant-droits, la somme de 1.850fr qui lui a été allouée par le jury d’expropriation, déduction de 18,15fr, montant de sa part des frais qu’il a été condamné à payer et à payer à M. Lamy, greffier en chef du tribunal de Vannes, la somme de 45,75fr.

Quel parti pourrait-on tirer des matériaux des deux maisons ? Le conseil – ayant une confiance absolue dans l’expérience du maire, lui donne pleins pouvoirs pour agir au mieux des intérêts de la commune en traitant soit à l’amiable soit par adjudication pour la démolition des deux maisons et l’autorise même à abandonner tous les matériaux pour les frais de la démolition mais à la condition que la place soit déblayée, les vides comblés et tous les matériaux enlevés pour le 30 juin 1904 et qu’en aucun cas la commune ne puisse être responsable d’un accident quelconque (CM du 19 mai 1904)

Dans le budget additionnel de 1905, le conseil prévoit 600fr pour l’arrangement de la place du Bout-du-Pont et 600fr pour la construction d’un lavoir public. ( CM du 14 mai 1905)

 

ÉCLAIRAGE de la GACILLY

Aidé par des spécialistes de Nantes, c’est M. Denis qui, en 1898, installe une turbine dans le moulin capable de produire de l’électricité pouvant approvisionner en courant électrique les habitations gaciliennes ainsi que de permettre de substituer les brûleurs à pétrole des lampadaires municipaux par des ampoules.

30 juillet 1899 : M. le maire, Albert Barbotin, informe le conseil que l’accord passé par la commune avec M. Parpaillon de Bordeaux pour l’éclairage de la ville prend fin le 31 octobre 1899, époque à laquelle généralement commence l’éclairage.

Il demande au conseil s’il est d’avis de passer un autre traité avec M. Parpaillon ou s’il n’y aurait pas lieu d’entrer en relation avec M. Pierre-Marie Denis minotier à La Gacilly qui a une installation d’usine électrique et qui lui a fait des propositions pour l’éclairage de la ville

Le conseil décide à l’unanimité des membres présents que ces installations présentent de grands avantages sur l’ancien mode d’éclairage et donne pleins pouvoirs à M. le maire pour traiter et s’entendre avec M. Denis pour tous les détails de l’installation. Le traité à passer ne pourra être de plus de 10 années et la redevance annuelle à passer par la commune ne pourra dépasser la somme de 420fr. M. le maire doit faire le nécessaire pour que ce nouveau mode d’éclairage de la ville soit assuré pour la fin du mois d’octobre ( CM du 30 juillet 1899)

20 août 1899 : Comme suite à la délibération du 30 juillet dernier, M. le maire a passé un contrat avec M. Pierre-Marie Denis, minotier à La Gacilly pour l’éclairage de la ville de La Gacilly à la lumière électrique ; ce contrat, signé le 18 août 1899, ne deviendra définitif qu’après avoir été approuvé par M. le préfet du Morbihan. Le contrat comporte 2 articles généraux, 23 articles pour l’éclairage de la ville et 4 articles pour l’éclairage des particuliers.

Le 1° article général annonce que l’éclairage de la ville de La Gacilly au moyen de l’électricité est concédé à M. Pierre-Marie Denis pour une période de 15 années commençant le 1° octobre 1899 en admettant que les autorisations des autorités compétentes soient accordées à cette date. Le concessionnaire fournira et placera à ses frais tous les appareils nécessaires à la production de la lumière électrique et au transport de l’énergie et il restera propriétaire des canalisations qu’il aura faites. Cependant à l’expiration de la concession, le premier contractant aura la faculté de racheter les dites canalisations à des prix fixés à dire d’experts. Le concessionnaire aura le droit de poser au-dessus et sous les rues, places publiques ..etc, les poteaux potences, fils et câbles pour canalisations quelconques nécessaires à la conduite de l’électricité, le tout à ses risques et périls et à ses frais.

L’éclairage public ( Art. 1) devra fonctionner, le soir, de la chute du jour jusqu’à 11h et, le matin, de 5h 30 jusqu’au jour. Bien sûr, il s’agit de l’heure solaire, celle qu’on appelle aussi «  l’ancienne heure ».( JAG p . 18)

13 lampes de 16 bougies devront être placées pour un forfait de 420 fr annuels ; ces lampes seront fournies et remplacées aux frais du concessionnaire, seules les lampes brisées par choc et non usées par le courant électrique seront payées par la ville.

Les articles qui suivent donnent la liste de toutes les charges revenant au concessionnaire : lampes, matériels, appareils, machines, poteaux, câbles, fils, …La mairie se réserve le droit d’augmenter le nombre de lampes en augmentant la redevance annuelle de 30fr par lampe nouvelle. Elle pourra également demander que la durée d ‘éclairage prévue soit prolongée pendant 7 nuits dans l’année gratuitement. Le concessionnaire pourra utilisé les réverbères fonctionnant au gaz hydrocarburé qui resteront la propriété de la commune. Le concessionnaire est autorisé à utiliser la station centrale de La Gacilly pour alimenter d’autres communes. En cas de panne de production pendant dix heures, une amende de 10fr sera imposée et au double pour la seconde interruption. Le concessionnaire ne pourra céder ses droits à une société ou à des particuliers qu’après agrément par la ville.

Pour ce qui est de l’éclairage des particuliers, le concessionnaire ne pourra refuser l’électricité aux habitants de la ville qui en feront la demande et qui auront à s’entendre avec lui pour toutes les installations intérieures, mode d’éclairage au compteur ou à l’abonnement.

Le concessionnaire ne pourra exiger plus de 48fr par an et par lampe de 16 bougies pour un abonnement et 1,50fr du kilowat pour l’électricité au compteur. ( CM du 20 août 1899)

 

L’installation de nouvelles lampes est demandée à M. Denis : une à la Bouère, deux autres au Champ de Foire ; une quatrième sera placée dans les classes des garçons mais elle ne fonctionnera que pendant quatre mois de l’année ; le forfait annuel passera alors à 515fr. Ce nouveau contrat fut signé le 28 août 1900. (CM du 22 mai 1900)

Sur une carte postale expédiée le 23 septembre 1903, on voit très nettement une ampoule dans un lampadaire. C’est très tôt par rapport à bien des communes de même importance. ( JAG p. 17). Mais tous les réverbères ne sont pas encore modifiés pour pouvoir fonctionner à l’électricité. Maxime Chantreau, vers 1907-1908, faisait encore l’allumage des réverbères à pétrole, chaque soir, avec une petite échelle à crampons et, chaque matin, les nettoyait et les remplissait ( JAG p. 18)

M. Denis, entrepreneur de l’éclairage public, réclame à la municipalité le montant de ce qui lui est dû pour l’éclairage du 1° juillet 1906 au 31 décembre 1907 et le reliquat de la somme due pour le premier semestre  de 1908. Il y a lieu de solder 257,50fr avec une réduction de 50% d’où 128,75fr pour le 2° semestre de 1906, 515fr pour l’année 1907 et 27,30fr de reliquat 1908 soit un total de 671,05fr. 171,65fr ayant été réglés, il reste donc à payer 499,40fr. ( CM du 19 juillet 1908)

M. Denis demande que M. Chaumeil, nouveau propriétaire de la minoterie, soit agréé en son lieu et place par la municipalité comme commissaire de l’éclairage électrique. La Société Électrique de l’Ouest demande un contrat de 10 ans pour faire de sérieuses réparations au secteur électrique. M. Chaumeil est agréé par la municipalité à partir du 1° mai 1911 pour 10 ans. Le nombre de lampes serait porté à 20 pour le même prix annuel de 515fr y compris la lampe placée à l’école en fonction 4 mois de l’année. Par contre, les lampes seront éteintes à 10h du soir au lieu de 11. M. le maire fait savoir que M. Chaumeil est décidé à accepter ce prix de 515fr pour ces 21 lampes avec lumière jusqu’à 10h du soir. Le conseil prie M. le maire de faire le nécessaire. Les 2 lampes nouvelles seront placées, l’une au cimetière, l’autre dans la traverse de La Gacilly vers la maison du percepteur. Une 3° lampe est demandée pour la rue St-Vincent. Le conseil prie M. le maire de voir s’il ne serait pas possible de mettre cette lampe sans augmenter la redevance annuelle. Si M. Chaumeil ne pouvait l’accepter, on trancherait à la première réunion la question de cette lampe et le prix à payer en plus. M. le maire est donc autorisé à passer un contrat de 10 ans avec M. Chaumeil au prix de 515fr pour 20 lampes fonctionnant comme il a été dit. ( CM du 26 mars 1911)

M. Chaumeil continue à fournir de l’électricité mais en plus grosse quantité ce qui l’oblige à remplacer la vieille turbine par une Radian de 35 ch.. Mobilisé en août 1914, l’électricité sera alors coupée à La Gacilly. En 1921, il mettra en route une seconde turbine de 25ch. C’est ce matériel, assisté d’un moteur à gaz pauvre pour les périodes de basses eaux, qui fournira l’énergie jusqu’en 1941.

Le maire soumet au conseil une demande de M. Chaumeil qui fait connaître qu’en raison du prix élevé du charbon et des huiles de graissage, il ne lui est pas possible de maintenir le prix de 0,15fr l’hectowatt et demande qu’il sot porté à 0,25fr, tarif applicable aux compteurs jusqu’à la fin du contrat en 1921. Il reste bien entendu que ce relèvement de tarif ne s’appliquera qu’aux particuliers au compteur et ne vise nullement l’éclairage de la ville et des particuliers à l’abonnement . Suivant l’article 25 du contrat, le prix ne peut être modifié sans l’ accord du conseil ; celui-ci décide de donner un avis favorable à partir du 1° octobre 1920  . ( CM du 7 septembre 1920)

Le contrat de l’éclairage électrique de la ville expire au 1° mai 1921. M. le maire est entré en pourparlers avec M. Chaumeil, le concessionnaire actuel pour le renouvellement du dit contrat. Un nouveau avait été élaboré mais brusquement M. Chaumeil a rompu les pourparlers en disant ne pas vouloir renouveler ce contrat d’éclairage. A cause de la cherté du charbon, les difficultés de l’exploitation et de la main-d’œuvre et le désaccord avec la Société Électrique de l’Ouest au point de vue du matériel. Dans ces conditions, le maire a cherché à trouver un nouveau concessionnaire mais sans succès de sorte que la ville est menacée d’être bientôt privée de son éclairage électrique. Après discussion, le conseil, considérant que l’éclairage électrique de La Gacilly existe depuis une vingtaine d’années ce qui n’est pas sans donner à la commune un certain cachet et une réelle importance, considérant aussi que M. Chaumeil ou la Société Électrique de l’Ouest a laissé faire et même engagé à faire l’année dernière de nombreuses installations électriques particulières laissant à entendre que le contrat serait certainement renouvelé, qu’il y a là en quelque sorte engagement moral de la part de M. Chaumeil, espère que la décision de M. Chaumeil n’est pas définitive et donne mandat au maire pour entrer de nouveau en pourparlers avec lui , la commune n’ayant qu’à se louer des rapports excellents qu’elle a toujours entretenus avec ce concessionnaire. ( CM du 6 février 1921)

Ce que la municipalité gacilienne - et même peut-être M. Chaumeil - ne savait pas , c’est que la Société Électrique de l’Ouest avait été rachetée, le 25 mai 1920, par un ingénieur électricien, M. Léon Callaud demeurant 6 rue Dugommier à Nantes ; il était devenu propriétaire de toute l’installation électrique du secteur de La Gacilly et donc les conditions de production et d’exploitation de M. Chaumeil avaient dû changer. Ce renseignement important est donné par le paragraphe intitulé «  Origine de propriété » qui figure dans le contrat de vente signé entre M. Callaud et M. Cosme Guimard lorsque ce dernier lui a racheté ces mêmes installations électriques le 28 septembre 1921. Ce contrat donne la liste des matériels et lignes composant les installations du secteur électrique de La Gacilly. La vente est consentie moyennant le prix de 15.000fr.

Né au village de Roscoët en Naizin entre Pontivy et Locminé en 1895, M. Cosme Guimard, fit ses études d’abord au Petit Séminaire puis à St-François-Xavier à Vannes où il passe son baccalauréat avec succès. Après sa mobilisation pendant la guerre 14-18 où il fut blessé trois fois et avec en poche son diplôme de technicien, il arrive à La Gacilly ( JAG p. 18) et achète donc le réseau gacilien. Puis il fait construire, sur la place du Bout-du-Pont, une baraque, appelée la « baraque à Guimard » pour y installer le matériel nécessaire à la distribution de l’électricité à partir d’un moteur à bois et à charbon ; il fallait trois personnes pour le mettre en marche au moyen d’un volant. Le 15 février 1930, M. Guimard cède son entreprise à une société privée Énergie Électrique de la Basse-Loire où il devient chef de district du secteur de La Gacilly et ce, jusqu’en juillet 1945, date à laquelle il est nommé à la même fonction par l’EDF naissante, la nouvelle entreprise nationalisée. Il partira en retraite en 1949. On lui doit en grande partie les travaux électriques qui ont permis de métamorphoser la vie de nos ancêtres.

( Les Infos-29 octobre 1986)

Le 16 octobre 1895, le sieur Pierre Denis, minotier, demeurant à La Gacilly, demande, comme propriétaire d’une cour bordant le chemin de grande circulation n° 9 de Redon à Dinan et inscrite sous le n° 1525 de la section E l’autorisation d’acquérir un excédent de chemin situé au droit de cette cour et d’y établir une bascule. A cet effet, il devra construire, à ses frais, des rampes permettant d’accéder latéralement à cette bascule de manière à ne pas gêner la circulation. La bascule sera placée à 4,20m de l’axe du chemin et sa plate-forme sera située au niveau du bord extérieur de l’accotement. Par suite de l’alignement, le pétitionnaire prendra à la voie publique une superficie de 12,48m² pour laquelle il paiera une indemnité de 24,96fr calculée à raison de 2fr par mètre superficiel et ne pourra, en aucun cas, commencer les travaux avant d’avoir acquitté le prix de ce terrain.

Signé par le préfet le 27 décembre 1895.

En 1929, cette bascule sera remplacée par deux ponts-bascules publics, l’un de 15.000kg sur la place du Bout-du-Pont et un autre sur la place du Champ de Foire de 4.000kg.

LA BOUÈRE

Le moulin de la Bouère existait déjà en 1401 et Perrot de Guygnen en était le locataire. Avant le XV° siècle, le chemin appelé le Redonnais ( de Redon à Malestroit) arrivait sur les hauteurs de la grée St-Jean venant de la chapelle St-Laurent en Bains, empruntait l’ancienne voie romaine jusqu’à la place du Cas Rouge, passait au carrefour Olivier puis longeait les douves du château côté Est, débouchait à la Cour de la Bouère puis remontait vers les Villes-Geffs pour s’en aller vers Tréal et Carentoir.

Au XV° siècle, Imbert de Forges, seigneur de la Bouère, fit construire la chaussée de la Bouère et alors le Redonnais l’emprunta. A ce moment-là, le ruisseau des Brelles sortait de l’étang de la Bouère près de la maison Moriceau et venait alimenter le moulin.

Ce n’est que le 6 avril 1872 que la situation va évoluer: un arrêté préfectoral autorise le sieur Poligné, minotier, demeurant à La Gacilly à « établir sous le chemin de grande circulation n° 9, au lieu-dit La Bouère, un aqueduc destiné à conduire les eaux de sa parcelle n° 681 section E. Cet aqueduc solidement construit en maçonnerie avec mortier de chaux, présentera un débouché de 0,40m sur 0,40m, les pieds-droits auront 0,30m, le radier et les dalles de recouvrement 0,15m d’épaisseur, ces dernières auront au moins 0,15m de portée sur les pieds-droits et ne pourront être placées à moins de 0,20m en contre-bas du dessus de la chaussée. La construction devra se faire par demi-largeur de chemin. Les fouilles munies de garde-corps, devront être éclairées pendant la nuit. Cet ouvrage sera établi et entretenu aux frais du pétitionnaire qui devra, après l’achèvement des travaux, remettre la chaussée dans sonétat primitif. Il sera responsable des accidents qui pourraient survenir par suite du défaut d’entretien. L’agent-voyer assurera l’éxécution du présent arrêté. »

 

LA ROCHE-GESTIN:

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Dans le minu de 1401, il est question du moulin Gestin (JCM p. 166)

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En 1412, Guillaume de Cancouët renonce à tous ses droits y compris les moulins de Dano et de la Roche-Gestin ( JCM p. 197)

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En 1531, plusieurs seigneurs avaient des droits envers la Roche-Gestin dont le seigneur du Bois-By qui possédait le moulin de Dano sur le Rahun et où il y avait un droit de mouture. Ce moulin cessa son activité le 7 mai 1785. ( JCM p. 203)

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En 1657, le domaine personnel de la seigneurie de la Roche-Gestin comportait entre autres le moulin à vent de Marette, le moulin à eau avec son étang de Dano, un emplacement de moulin à vent près de La Minardais nommé le moulin de la Roche et aussi le moulin de la seigneurie désigné sous le nom de moulin Gestin qui deviendra le Lieuvy-de-Haut ( JCM p. 224).

Le moulin Marette sera acheté par Yves-Jean Mancel pour 100 livres le 2 floréal an III ( JCM p . 205)

MOULIN  MARET

La VILLE-ORION

En 1447, la métairie et le moulin de Galny appartenaient au seigneur Guillaume Mallessecte

Dans un acte de 1784, il est dit que le moulin de Hunaud dépendait de la Ville-Orion dont le seigneur était alors Louis du Fresche.

En 1837, Melle du Haffont épouse le comte Charles Le Gouvello qui devient alors propriétaire de la Gélinaye, du Boschet, de Buhan et du moulin de Galny. ( JCM p. 203) Le moulin de Galny était bien sur commune de La Gacilly 

 

La VILLOUËT

Était rattaché à la Villouêt, le Vieux Moulin dans le Clos du Moulin à la Croix des Archers non loin du carrefour de la Peuillauderie avec bistrot..